Créer des pages markdown séparées spécifiquement pour les grands modèles de langage (LLMs) est récemment devenu un sujet de discussion parmi les professionnels du SEO et les webmasters. Cependant, les experts de Google et Bing déconseillent cette pratique en raison de risques potentiels de non-respect des règles et d’inefficacités techniques. Cet article explique pourquoi fournir un contenu markdown distinct aux LLMs au lieu du HTML standard aux utilisateurs pourrait nuire au SEO plutôt que d’aider.
Comprendre le concept des pages markdown séparées pour les LLMs
L’idée derrière la création de pages markdown (.md) séparées est de fournir aux grands modèles de langage une version plus claire et simplifiée du contenu du site qui pourrait être plus facile à analyser pour l’IA. Les partisans suggèrent qu’en offrant une URL dédiée avec du contenu markdown, les LLMs pourraient théoriquement mieux comprendre le texte et extraire des informations pertinentes, bénéficiant potentiellement aux résultats de recherche pilotés par l’IA.
Malgré ces hypothèses, cette méthode implique de servir un contenu différent aux robots par rapport aux utilisateurs humains, une pratique appelée cloaking. Le cloaking est depuis longtemps interdit par les consignes aux webmasters de Google car il manipule les moteurs de recherche en montrant un contenu que les utilisateurs ne voient pas.
La position de Google sur les pages markdown séparées
John Mueller, analyste principal des tendances des webmasters chez Google, s’est exprimé sur ce sujet. Mueller souligne que les LLMs sont entraînés et peuvent analyser des pages web HTML normales, il n’est donc pas nécessaire que les webmasters créent des pages markdown spécialisées pour ces modèles. Il remet en question la logique de fournir un contenu aux LLMs différent de celui que les utilisateurs voient.
« Les LLMs ont été entraînés, ont lu et analysé des pages web normales depuis le début. Pourquoi voudraient-ils voir une page qu’aucun utilisateur ne voit ? » – John Mueller
Mueller a également qualifié cette idée d’impraticable et déconseillée, soulignant que les LLMs peuvent même comprendre les images, ce qui renforce son point de vue que convertir l’intégralité des sites en fichiers markdown est une mesure extrême et inutile.
La perspective de Bing sur la pratique
Fabrice Canel de l’équipe de recherche Microsoft Bing a aussi donné son avis. Canel a exprimé son inquiétude quant à la charge de crawl supplémentaire que cette approche imposerait. Chez Bing, les moteurs de recherche sont conçus pour crawler et vérifier la similarité des contenus entre les pages, et fournir des versions différentes pourrait mener à des contenus négligés ou cassés.
« Nous crawlon toujours pour vérifier la similarité. Les versions non destinées aux utilisateurs sont souvent négligées ou cassées. Les yeux humains aident à corriger ce que voient à la fois les personnes et les bots. » – Fabrice Canel
Bing a également souligné que l’utilisation de données structurées telles que le balisage Schema intégré dans les pages aide considérablement l’IA à mieux comprendre le contenu du site, sans besoin de pages markdown distinctes.
Les risques SEO de fournir un contenu différent pour les LLMs
Proposer un contenu séparé crée un risque d’être classé comme cloaking, ce qui viole les consignes des moteurs de recherche. Le cloaking peut entraîner des pénalités, abaissant le classement d’un site ou le retirant entièrement des index de recherche. De plus, les moteurs de recherche sont devenus plus sophistiqués pour détecter les différences de contenu entre ce que voient les utilisateurs et ce que crawlent les bots.
La gestion du contenu dupliqué devient plus complexe avec l’introduction de pages markdown uniquement pour l’indexation IA. Cette complexité peut potentiellement nuire à l’autorité globale du site et à sa fiabilité dans les algorithmes des moteurs de recherche. Comme l’a souligné l’experte SEO Lily Ray, gérer le contenu dupliqué et fournir différentes versions de contenu soulève des préoccupations importantes sur la santé SEO à long terme et la conformité aux politiques des moteurs de recherche.
Bonnes pratiques pour optimiser le contenu pour l’IA et les LLMs
Plutôt que d’essayer des raccourcis en générant des pages markdown séparées, les webmasters devraient se concentrer sur le maintien d’une seule page HTML bien structurée optimisée à la fois pour les utilisateurs et l’IA. Utiliser un HTML sémantique, des titres clairs et le balisage Schema améliore de manière fiable la compréhension du contenu par l’IA sans risquer de violer les règles.
Garantir que le contenu servi aux utilisateurs et aux crawlers est identique construit la confiance avec les moteurs de recherche et évite les pénalités. Améliorer la vitesse de la page, l’adaptabilité mobile et l’accessibilité sont également des facteurs cruciaux qui aident l’IA et les algorithmes de recherche classiques à interpréter efficacement un site.
Tirer parti des données structurées
L’implémentation des données structurées Schema.org fournit des signaux explicites sur le contexte du contenu, dont les systèmes IA dépendent de plus en plus pour une interprétation précise. Les données structurées aident les moteurs de recherche à mieux classer les pages et augmentent les chances d’avoir des résultats enrichis dans les recherches.
Conclusion
Créer des pages markdown séparées pour les LLMs n’est pas une pratique SEO recommandée. Cela comporte le risque de cloaking, de problèmes de contenu dupliqué et peut nuire au classement d’un site. Google et Bing encouragent les webmasters à s’appuyer sur des pages HTML standard et des données structurées pour rendre le contenu accessible et compréhensible par l’IA, plutôt que d’utiliser des solutions de contournement susceptibles d’être pénalisées.
À mesure que les technologies de recherche basées sur l’IA évoluent, les pratiques SEO éthiques centrées sur la qualité, la transparence et l’expérience utilisateur restent la meilleure base pour une croissance organique durable.
Ressources complémentaires et conseils d’experts
Les webmasters souhaitant optimiser leurs sites pour l’IA et l’évolution des algorithmes des moteurs de recherche peuvent consulter des ressources telles que la documentation développeur de Google à https://developers.google.com/search ou les consignes aux webmasters de Bing à https://www.bing.com/webmaster. Ces sources fournissent des recommandations à jour sur les données structurées, les bonnes pratiques de contenu et la préparation à l’IA.
L’analyste SEO Natasha Gomez remarque,
« Respecter les consignes principales des webmasters et se concentrer sur la création d’un contenu authentique centré sur l’utilisateur profite finalement davantage au SEO que toute tentative de manipuler l’IA via des astuces en back-end. »
En définitive, le consensus parmi les experts des moteurs de recherche est de maintenir une approche unifiée du contenu, conviviale et techniquement saine, en évitant les tactiques expérimentales comme les pages markdown séparées pour les bots IA.